{"id":878,"date":"2015-02-13T16:40:17","date_gmt":"2015-02-13T15:40:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.francamente2.com\/?p=878"},"modified":"2015-02-13T16:40:17","modified_gmt":"2015-02-13T15:40:17","slug":"droit-au-travail-plutot-devoir-ontologique-de-travailler-le-droit-au-travail-ne-devra-jamais-vraiment-exister","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.francamente2.com\/?p=878","title":{"rendered":"Droit au travail ? Plut\u00f4t devoir ontologique de travailler ! Le droit au travail ne devra jamais vraiment exister."},"content":{"rendered":"<p>Dans le premier discours du nouveau pr\u00e9sident de la R\u00e9publique italienne, Mattarella, ainsi que dans les m\u00e9dias et dans la bouche bien rassasi\u00e9e des syndicalistes, on rencontre cette formule programmatique et standardis\u00e9e de \u00ab\u00a0droit au travail\u00a0\u00bb. Toute la gauche europ\u00e9enne (mais aussi de centre et parfois de droite\u00a0!) soutient cette formule compl\u00e8tement<br \/>\nD\u00e9sormais, lorsque j\u2019entends le mot \u00ab\u00a0droit\u00a0\u00bb mes oreilles se dressent\u00a0: la litanie des droits, depuis plus d\u2019une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es, a d\u00e9ferl\u00e9e avec une fr\u00e9quence telle que m\u00eame mon esprit, plut\u00f4t paresseux, s\u2019\u00e9veille. Nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 et dans une \u00e8re de <em>droits<\/em>. Tout est devenu d\u2019office un droit. Chaque minorit\u00e9 en r\u00e9clame des quantit\u00e9s. Et nos soci\u00e9t\u00e9s, le r\u00e9p\u00e8tent aussi assez souvent, sont constitu\u00e9es d\u2019innombrables minorit\u00e9s. Nos parlements occidentaux ne pensent ainsi qu\u2019\u00e0 l\u00e9gif\u00e9rer pour contenter les profusions de requ\u00eates toutes qualifi\u00e9es de <em>droits<\/em> <em>urgents<\/em>. Le client\u00e9lisme \u00e9lectoral l\u2019exige. Comment y faire face\u00a0? Mais c\u2019est simple, par le biais de l\u2019id\u00e9ologie d\u00e9j\u00e0 appel\u00e9e par le pr\u00e9sident Reagan de l\u2019\u00ab asym\u00e9trie\u00a0\u00bb. Elle \u00e9tait et est\u00a0fond\u00e9e sur l\u2019\u00e9tatisme qui se charge de tout payer avec des dettes publiques et de nouvelles taxations r\u00e9glant \u00e9galement les int\u00e9r\u00eats colossaux cons\u00e9quents. Cette vision h\u00e9doniste \u00e0 gogo, ainsi jug\u00e9e avec sapience par le pr\u00e9sident californien, \u00e9tait jug\u00e9e par la soi-disant intelligentsia europ\u00e9enne \u2013 comme d\u2019habitude \u2013 totalement <em>stupide, <\/em>tout en la pratiquant sans aucune mod\u00e9ration. Et pourtant, elle s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e m\u00eame plus catastrophique que le pr\u00e9sident am\u00e9ricain l\u2019avait dit et pr\u00e9dit. La crise \u00e9conomique actuelle en est la preuve\u00a0: on n\u2019arrive pas \u00e0 rembourser un euro de cette dette tout en \u00e9tant oblig\u00e9 d\u2019en payer chaque ann\u00e9e des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiquement r\u00e9dhibitoires. L\u2019accumulation de ces droits, par d\u00e9finition infinis dans l\u2019illimit\u00e9, est devenue la deuxi\u00e8me cause r\u00e9cessive ou stagnante de cette crise, apr\u00e8s celle de la d\u00e9natalit\u00e9, qui a litt\u00e9ralement \u00e9cras\u00e9 la demande interne de l\u2019Occident (l\u2019\u00e9v\u00eaque de Ferrara, Luigi Negri, vient de d\u00e9clarer que \u00ab\u00a0<em>sans enfants, pas de fin de crise<\/em>\u00a0\u00bb). Et ceci en d\u00e9pit des annonces r\u00e9it\u00e9r\u00e9es depuis plusieurs ann\u00e9es qu\u2019elle serait termin\u00e9e, de la part de politiciens, \u00e9conomistes et <em>futurologues\u00a0<\/em>: ce qui est termin\u00e9, tout au plus, est la r\u00e9cession. L\u00e0 o\u00f9 on trouverait des \u00ab\u00a0reprisettes\u00a0\u00bb, calcul\u00e9es par rapport \u00e0 des r\u00e9cessions s\u00e9v\u00e8res des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes comme en USA, on devrait mettre en compte soit des d\u00e9ficits budg\u00e9taires de 9% (en 2013 en UK), voire une tr\u00e8s ancienne et solide structure \u00e9conomique lib\u00e9rale et non \u00e9tatiste (tout de m\u00eame en train de se charger d\u2019un <em>welfare<\/em> tr\u00e8s lourd) comme en Am\u00e9rique. Bref, l\u2019<em>id\u00e9ologie des droits <\/em>est bien en course m\u00eame dans les pays les plus libres.<\/p>\n<p>Mais ces deux mots,\u00a0<em>droit <\/em>au <em>travail<\/em>,\u00a0sont-ils en quelques sortes contraires \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 l\u2019\u00e9conomie\u00a0? Le pr\u00e9sident Mattarella, par exemple, a aussi parl\u00e9 de droit \u00e0 l\u2019instruction dont chaque soci\u00e9t\u00e9 doit l\u00e9gitimement se charger dans l\u2019\u00e9ducation \u00e0 la vie adulte de tous les enfants. Naturellement, pour garantir ce droit, il doit y avoir un devoir r\u00e9ciproque et sym\u00e9trique\u00a0: le devoir de travailler afin de produire la richesse n\u00e9cessaire \u00e0 la scolarisation\u2026 Il n\u2019existe pas de droits en nature sans que quelqu\u2019un (il va de soi) en assure l\u2019existence. Si on veut par exemple subvenir aux handicap\u00e9s \u2013 principe sacro-saint de civilisation outre que de charit\u00e9 \u2013 il faut assumer sur le plan des devoirs leur co\u00fbt, donc leur charge. M\u00eame cas de figure pour la sant\u00e9, les routes, la s\u00e9curit\u00e9, la d\u00e9fense, etc. Le travail, par contre, est toujours cas\u00e9, il doit toujours \u00eatre cas\u00e9, du c\u00f4t\u00e9 des devoirs. Intrins\u00e8quement\u00a0! \u00c0 chacune de ses affirmations solennelles il faut assurer syst\u00e9matiquement le principe de responsabilit\u00e9 qui en d\u00e9finit la paternit\u00e9 <em>surgive<\/em> d\u2019assomption. Par ailleurs, c\u2019est justement cette responsabilit\u00e9 qui attribue la qualification de droit ou plut\u00f4t de devoir\u00a0: il ne faut pas se tromper sur ce point comme par contre l\u2019on a fait, superficiellement et tragiquement, d\u2019une mani\u00e8re \u00e9cervel\u00e9e depuis plus d\u2019un demi-si\u00e8cle. Toutes ces \u00e9vidences avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9crites il y a un si\u00e8cle par Chesterton, par exemple, lorsqu\u2019il disait qu\u2019on aurait d\u00fb combattre pour \u00ab\u00a0<em>d\u00e9crire que les pelouses \u00e9taient de couleur verte<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Giorgio Vittadini, un des leaders de Communion et Lib\u00e9ration, a d\u00e9j\u00e0 \u00e9clairci tr\u00e8s bien, dans son article de <em>Il Sussidiario <\/em>du 6 f\u00e9vrier, les facteurs qui permettent de soustraire des affirmations banalement g\u00e9n\u00e9riques, depuis Charles Magne, de la d\u00e9claration \u00e0 la faveur du droit \u00e0 l\u2019instruction, \u00e9voqu\u00e9e par le nouveau num\u00e9ro un de l\u2019\u00c9tat italien, Mattarella. Lorsqu\u2019on entend un clich\u00e9 prononc\u00e9 depuis des dizaines d\u2019ann\u00e9es, on a tendance \u00e0 le croire une v\u00e9rit\u00e9. Par contre le travail est le premier devoir que m\u00eame l\u2019enfant ma\u00eetrise avec son intuition spontan\u00e9e\u00a0: on peut dire aussi ontologique et naturel, d\u00e9j\u00e0 dans ses jeux tr\u00e8s, tr\u00e8s, s\u00e9rieux. Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a, en effet, de plus universel que le travail pour tout homme\u00a0? M\u00eame les plus fain\u00e9ants comme moi ont comme probl\u00e8me central celui du travail (\u00e0 \u00e9viter, habituellement)\u00a0: c\u2019est pour cela que je travaille volontairement toujours \u2013 Dieu merci pour ma bonne sant\u00e9 \u2013 tous les jours au bureau \u00e0 plus de 70 ans. Et, tout le monde, si seulement on y r\u00e9fl\u00e9chit un peu, sait qu\u2019au fond son propre travail n\u2019est pas justifi\u00e9 que par la n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9conomique. Ind\u00e9pendamment de sa juste r\u00e9mun\u00e9ration ou profit, il est gratuit, comme l\u2019\u00c9glise l\u2019a toujours enseign\u00e9. Il n\u2019y a que la conception abrutie et actuellement para-marxiste d\u2019attribuer les dettes aux g\u00e9n\u00e9rations futures \u2013 donc syndicale et politicienne \u2013 \u00e0 croire que le travail est ali\u00e9nant, donc \u00e0 r\u00e9duire le plus que possible. Ce n\u2019est pas par hasard si la moyenne r\u00e9elle et r\u00e9sultante europ\u00e9enne de l\u2019\u00e2ge pensionn\u00e9e (y compris les pr\u00e9pensionnements) est de 56 ans et quelques mois\u00a0! Le travail, ainsi, ne pourra jamais \u00eatre un droit\u00a0: il est heureusement bien plus, un devoir primaire dans lequel chaque homme b\u00e2tit son identit\u00e9, sa densit\u00e9 et sa libert\u00e9. Le professeur \u00e0 Milan, Del Debbio, est m\u00eame pertinemment arriv\u00e9 \u00e0 ecrire\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le travail est l\u2019essence de l\u2019homme\u00a0<\/em>\u00bb. C\u2019est pour cela que le travail ne peut pas \u00eatre un droit\u00a0: intrins\u00e8quement et th\u00e9or\u00e9tiquement.<br \/>\nAinsi, si on pr\u00e9sente le travail comme un droit on ne pense que fatalement \u00e0 l\u2019\u00c9tat qui doit assurer ce soi-disant privil\u00e8ge avec son id\u00e9ologie immanquablement \u00e9tatiste et on ne peut plus liberticide. Sauf, il va de soi, comme aide, tr\u00e8s temporaire, pour tout possible licenci\u00e9 rest\u00e9 sans boulot. Ou bien s\u2019il est malade (d\u2019o\u00f9 le droit, au moins partiellement, aux soins de sant\u00e9 gratuites)\u2026<\/p>\n<p>Mais, surtout, l\u2019id\u00e9e que le travail puisse \u00eatre un droit provoque comme cons\u00e9quence d\u00e9vastatrice une double aberration devenue une sorte de platitude quotidiennement et monstrueusement acquise. D\u2019u c\u00f4t\u00e9, cette id\u00e9e n\u00e9faste et inhumaine selon laquelle les activit\u00e9s productives, celles qui r\u00e9alisent aussi le destin universel de chaque personne en tant que cr\u00e9ature objectivement appartenant \u00e0 Dieu dans Son Plan \u00e9ternel de Cr\u00e9ation, sont assum\u00e9es \u2013 en premi\u00e8re et derni\u00e8re analyse \u2013 par l\u2019\u00c9tat actuellement en faillite,<em> assistenciel<\/em> et interventionniste arbitrairement dans tous les domaines. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, encore plus grave, le droit au travail affirmerait que la seule d\u00e9marche possible pour tout homme soit l\u2019activit\u00e9 subordonn\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019emploi au service de\u2026 patrons qui, eux, auraient seuls une soi-disant obligation implicite de cr\u00e9er du travail. Ainsi la Valeur ajout\u00e9e \u00e0 la cr\u00e9ation en coop\u00e9ration du Cr\u00e9ateur n\u2019aurait disponible qu\u2019une toute minuscule portion d\u2019humanit\u00e9 (les futurs patrons). Lesquels sont destin\u00e9s, de surcro\u00eet, \u00e0 \u00eatre ha\u00efs dans une immanquable lutte de classe de la part des travailleurs ali\u00e9n\u00e9s. Et qui ne sont jamais \u00e9duqu\u00e9s \u00e0 devenir, tout d\u2019abord et comme premi\u00e8re option, possiblement des entrepreneurs.<br \/>\nExag\u00e9r\u00e9\u00a0? Que l\u2019on pense alors au fait qu\u2019apr\u00e8s la faillite avou\u00e9e du communisme, il y a plus d\u2019un quart de si\u00e8cle, les syndicats et les politiciens politicistes con\u00e7oivent leurs affili\u00e9s et administr\u00e9s dans cette tragique vision nihiliste propre \u00e0 la <em>pens\u00e9e unique<\/em> d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le premier discours du nouveau pr\u00e9sident de la R\u00e9publique italienne, Mattarella, ainsi que dans les m\u00e9dias et dans la bouche bien rassasi\u00e9e des syndicalistes, on rencontre cette formule programmatique et standardis\u00e9e de \u00ab\u00a0droit au travail\u00a0\u00bb. 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