{"id":1861,"date":"2016-03-17T20:06:50","date_gmt":"2016-03-17T19:06:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.francamente2.com\/?p=1861"},"modified":"2016-03-17T20:12:24","modified_gmt":"2016-03-17T19:12:24","slug":"le-stabat-mater-de-pergolesi-a-bruxelles-et-la-grande-musique-classique-dans-la-formation-de-lesprit-a-lecoute-du-coeur-biblique-le-livre-de-pere-giussani-spir","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.francamente2.com\/?p=1861","title":{"rendered":"Le \u00ab Stabat Mater \u00bb de Pergolesi \u00e0 Bruxelles et la grande musique classique dans la formation de l\u2019esprit \u00e0 l\u2019\u00e9coute du c\u0153ur biblique. Le livre de p\u00e8re Giussani, \u00ab Spirto Gentil \u00bb, sur le vrai rapport avec la musique de l\u2019homme dit moderne."},"content":{"rendered":"<p><strong>Avec les jeunes de <em>Communion et Lib\u00e9ration<\/em> de Bruxelles, la semaine pass\u00e9e, je suis all\u00e9 en famille \u00e0 la grande salle de concerts, le<em> Bozar<\/em>, pour assister au <em>Stabat Mater<\/em> <\/strong>de Pergolesi, d\u00e9fini par p\u00e8re Giussani \u00ab\u00a0<em>Le grand amen de toute la musique<\/em>\u00a0\u00bb. En Car\u00eame, de surcro\u00eet, il ne pouvait pas y avoir repr\u00e9sentation musicale plus ad\u00e9quate\u00a0: les visages des jeunes \u00e0 la sortie \u00e9taient naturellement tous plut\u00f4t transfigur\u00e9s. La radio flamande, dans le cadre de son <em>Klarafestival<\/em>, a r\u00e9ussi, m\u00eame dans cette occasion, \u00e0 remplir le th\u00e9\u00e2tre plus grand et prestigieux de Belgique. Dans le livre \u00ab\u00a0Spirto Gentil\u00a0\u00bb, du fondateur de <em>CL<\/em>, p\u00e8re Giussani, \u00a0\u00e0 la page 340 ont trouve \u00e9crit\u00a0: \u00ab<em>\u00a0La nuit du monde c\u2019est lorsque personne ne pense, lorsque personne brille de la lumi\u00e8re qui illumine depuis les profondeurs du c\u0153ur jusqu\u2019au dernier horizon des yeux<\/em>\u00a0\u00bb. Cette r\u00e9flexion lui \u00e9tait sugg\u00e9r\u00e9 en \u00e9coutant Rachmaninov, peut-\u00eatre \u00ab\u00a0<em>le<\/em> <em>plus\u00a0grand dans sa dimension dramatique, comme liturgie qui c\u00e9l\u00e8bre le Destin\u2026<\/em>\u00a0\u00bb, il n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 affirmer. L\u2019enthousiasme de Giussani pour ce musicien russe d\u00e9passait m\u00eame la grande admiration pour Beethoven ou Chopin, \u00ab\u00a0tr\u00e8s malins, trop rendus malins par leur culture occidentale\u00a0\u00bb. Tandis que \u00ab <em>la musique de Rachmaninov jaillit directement du peuple et de sa culture int\u00e9gralement religieuse, globale e naturellement partag\u00e9e\u00a0<\/em>\u00bb. Surtout dans ses \u00ab\u00a0V\u00eapres\u00a0\u00bb. D\u2019o\u00f9 la passion de notre tr\u00e8s grand \u00e9ducateur milanais, bien connue, pour les chants populaires russes. Ce livre de presque 650 pages, dont le titre reprend les deux premiers mots d\u2019une fameuse aire d\u2019op\u00e9ra de Donizetti, \u00ab\u00a0La Favorite\u00a0\u00bb (que son p\u00e8re socialiste chantait \u00e0 la maison dans les ann\u00e9es 30), montre et illustre peut-\u00eatre la partie cach\u00e9e de son \u00e9ducation vers l\u2019absolu, re\u00e7ue depuis que ce grandissime pr\u00eatre (en voie de canonisation) \u00e9tait enfant\u00a0: la musique, la grande musique dite classique, celle qui \u00ab\u00a0<em>exprime ce que je suis, et ce qui est assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, et celle qui est amie en face\u00a0<\/em>\u00bb\u2026 La massification m\u00eame de la chansonnette populaire moderne, ou des \u00ab\u00a0concerts\u00a0\u00bb des groupes rock-disco-punk toujours contemporains, a arrach\u00e9 toute la jeunesse de cette dimension profond\u00e9ment\u00a0 silencieuse.<br \/>\nLa vraie musique n\u2019est que d\u2019abord silence dans l\u2019esprit, de ce que dans la Bible \u00e9tait appel\u00e9 c\u0153ur.<\/p>\n<p><strong>Malgr\u00e9 que p\u00e8re Giussani en parlait et il en \u00e9crivait souvent, dans sa culture<\/strong> vraiment moderne car \u00e9ternelle, d\u00e9mesur\u00e9e et on ne peut plus critique, m\u00eame les jeunes de <em>CL <\/em>sont plut\u00f4t r\u00e9fractaires a \u00e0 la musique classique et la connaissent d\u2019une mani\u00e8re insuffisante. Et ceci, malgr\u00e9 aussi que le mouvement de <em>CL<\/em> ne d\u00e9laisse pas des occasions pour la promouvoir. Dans ma g\u00e9n\u00e9ration (1944, \u00e0 18 ans j\u2019ai connu p\u00e8re Giussani), d\u00e9j\u00e0 on \u00e9tait en pleine massification de la musique dite du \u00ab\u00a0papier peint\u00a0\u00bb qu\u2019on entendait en continu dans les premiers supermarch\u00e9s, les gares et les ascenseurs\u00a0: c\u2019\u00e9tait, qu\u2019on disait, la \u00ab\u00a0musique hurl\u00e9e\u00a0\u00bb avec aussi des chanteurs \u00ab\u00a0hurlants\u00a0\u00bb. M\u00eame mes enfants qui ont plus de 30 ans ne \u00ab\u00a0consomment\u00a0\u00bb pas, comme ils disent, trop de musique classique. Ils pr\u00e9f\u00e8rent de facto les groupes qui d\u00e9ferlent dans les festivals avec des amplificateurs g\u00e9ants\u00a0!<br \/>\nIl faut reconna\u00eetre que j\u2019ai eu assez de chance car mon grand-p\u00e8re \u00e9tait un directeur d\u2019orchestre (et de fanfare) et mon p\u00e8re jouait les timbales (et toutes les percussions) dans les corps musicaux (m\u00eame de la prestigieuse province de Milan). Il \u00e9tait tr\u00e8s demand\u00e9, m\u00eame en Suisse, pour jouer en grand sp\u00e9cialiste dans les ann\u00e9es\u00a0 50\u2026 Et ceci pendant que la musique dite moderne \u00ab\u00a0automatiquement de remplissage de l\u2019espace auditif\u00a0\u00bb allait remplacer l\u2019\u00e9coute volontaire et ponctuelle. Surtout en Italie du sud, les fanfares et le orchestres, toutes de bonne ou de grande qualit\u00e9, \u00e9taient \u2013 avant l\u2019\u00e8re de la t\u00e9l\u00e9 \u2013 les modalit\u00e9s avec lesquelles Wagner, Beethoven et Verdi\u00a0 \u00e9taient popularis\u00e9s. Pendant toute mon enfance, au moins une fois par semaine l\u2019apr\u00e8s-midi, je participais aux r\u00e9p\u00e9titions de la grande fanfare milanaise, post\u00e9 juste derri\u00e8re \u00ab\u00a0mon cher papa\u00a0\u00bb, grand professionnel des tambours, reconnu depuis ses douze ans.<br \/>\n\u00c0 la maison \u00a0(j\u2019\u00e9tais d\u2019une famille assez pauvre et de culture pas plus que populaire) on n\u2019a jamais \u00e9cout\u00e9 volontairement et expr\u00e8s, m\u00eame pas \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, de la musique dite \u00ab\u00a0l\u00e9g\u00e8re\u00a0\u00bb. Moi, j\u2019\u00e9tais plut\u00f4t fier de connaitre avant mes vingt ans Dvorak et Mahler ou le <em>Laudario m\u00e9di\u00e9val de Cortona<\/em>, voire certains quartets de Schubert\u2026 Mais c\u2019\u00e9tait pour moi assez \u00ab\u00a0naturel\u00a0\u00bb sans affectation intellectuelle de type \u00e9litaire\u00a0: j\u2019en faisais plut\u00f4t une question encore d\u2019indiff\u00e9renciation d\u2019opinionisme assez \u00e9quivalent\u00a0: \u00e0 moi le classique, aux amis le rock\u00a0! Par apr\u00e8s, la diff\u00e9rentiation est devenue consciente et m\u00eame recherch\u00e9e. J\u2019affirmais avec assurance que mon \u00e9coute involontaire de la musique massifi\u00e9e, balanc\u00e9e partout et \u00e0 tout moment, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 surabondante dans ma passivit\u00e9 quotidienne\u2026<\/p>\n<p><strong>J\u2019ai pu, vers la trentaine, donc tout de m\u00eame tard, commencer \u00e0 me rendre compte de l\u2019importance de la musique l\u00e9g\u00e8re n\u00e9o-populaire comme v\u00e9hicule de la culture nihiliste et superficiellement h\u00e9doniste.<br \/>\n<\/strong>J\u2019\u00e9coutais le \u00ab\u00a0troisi\u00e8me programme\u00a0\u00bb de la radio italienne, m\u00eame la nuit. Je savais que p\u00e8re Giussani, apr\u00e8s une longue journ\u00e9e \u00e0 Milan, \u00e0 son retour en train au s\u00e9minaire de Venegono, \u00e0 plus de dix heures du soir, trouvait les \u00e9nergies de se rencontrer avec son professeur Corti qui lui jouait d\u00e9licieusement une sonate au piano\u2026<strong> \u00a0<\/strong>Pour moi c\u2019\u00e9tait la p\u00e9riode o\u00f9, \u00e0 la radio, on avait d\u00e9fini termin\u00e9e l\u2019\u00e8re de \u00ab\u00a0la grande bobine\u00a0\u00bb qui desservait en continu de la musique classique pratiquement sans trop de paroles ou commentaires. Je me souviens d\u2019avoir piqu\u00e9 une col\u00e8re, au debout des ann\u00e9es 70, lorsqu\u2019on a annonc\u00e9 qu\u2019on aurait fait une radio\u00a0soi-disant culturelle, donc pleine de <em>bla-bla<\/em> dit intelligent et d\u2019actualit\u00e9. C\u2019\u00e9tait l\u2019occasion de passer \u00e0 la radio du Vatican o\u00f9 le classique dominait encore. Et au cassettes enregistr\u00e9es. J\u2019ai m\u00eame enlev\u00e9 le son de la t\u00e9l\u00e9, en me limitant aux images que je pouvais d\u00e9cider de regarder tout en choisissant d\u2019\u00e9couter les notices\u2026 Puis sont arriv\u00e9es les cartouches contenant six CD que je pr\u00e9parais. Et la t\u00e9l\u00e9 Sky avec les cha\u00eenes th\u00e9matiques et le fameux canal 138 consacr\u00e9 exclusivement au classique.<br \/>\nPlus j\u2019avance dans mon \u00e2ge et plus je peux constater que, m\u00eame si mes choix pour la musique n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 le fruit d\u2019une strat\u00e9gie sp\u00e9cifiquement pr\u00e9ordonn\u00e9e, je n\u2019ai perdu presque rien du patrimoine populaire consid\u00e9r\u00e9 <em>pr\u00e9cieux<\/em>. Ce qui en dit long sur la valeur culturelle de la vie massifi\u00e9e. D\u00e9j\u00e0 mon obtusit\u00e9 personnelle est plus que suffisante pour abrutir mes journ\u00e9es. Je n\u2019ai donc pas \u00e0 regretter d\u2019avoir trop perdu de Silvie Vartan ou Elton John dans les quatre ou cinq d\u00e9cennies pass\u00e9es<strong>. <\/strong>Je suis fier, par contre, d\u2019avoir offert aux clients et collaborateurs de mon entreprise, par exemple, les 32 sonates de Beethoven en CD sponsoris\u00e9s (m\u00eame si avec un succ\u00e8s disons assez limit\u00e9). L\u2019\u00e9ducation, on le sait, est porter \u00e0 savoir \u00e9couter les paroles du c\u0153ur. Donc \u00e0 l\u2019\u00e9coute de la grande musique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec les jeunes de Communion et Lib\u00e9ration de Bruxelles, la semaine pass\u00e9e, je suis all\u00e9 en famille \u00e0 la grande salle de concerts, le Bozar, pour assister au Stabat Mater de Pergolesi, d\u00e9fini par p\u00e8re Giussani \u00ab\u00a0Le grand amen de toute la musique\u00a0\u00bb. 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