{"id":109,"date":"2014-09-07T15:25:25","date_gmt":"2014-09-07T14:25:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.francamente2.com\/?p=109"},"modified":"2014-10-27T14:42:20","modified_gmt":"2014-10-27T13:42:20","slug":"la-veritable-utilite-de-la-premiere-phrase-a-la-condition-quelle-ne-soit-pas-nihiliste-relativiste-ou-laiciste","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.francamente2.com\/?p=109","title":{"rendered":"La v\u00e9ritable utilit\u00e9 de la premi\u00e8re phrase"},"content":{"rendered":"<h3>\u00c0 la condition qu\u2019elle ne soit pas nihiliste, relativiste ou la\u00efciste<\/h3>\n<p>\u00ab\u00a0Mais pourquoi \u00e9crivent-ils\u00a0?\u00a0\u00bb\u00a0: c\u2019est la c\u00e9l\u00e8bre phrase d\u2019un \u00e9crivain (et critique litt\u00e9raire) catholique italien, Carlo Bo (1911-2001). La question est apparue tr\u00e8s pertinente avec le d\u00e9ferlement oc\u00e9anique des livres publi\u00e9s dans la deuxi\u00e8me partie du si\u00e8cle pass\u00e9. D\u00e9ferlement de bouquins mais pas de lecteurs critiques et d\u00e9massifi\u00e9s, malheureusement. \u00c0 chaque rentr\u00e9e annuelle en Europe, on peut compter par plusieurs dizaines de milliers (!) les titres des romans \u2013 pour ne parler que de la narrative \u2013 qui son imprim\u00e9s\u00a0: dans le d\u00e9sespoir progressif des \u00e9diteurs qui ont toujours du mal \u00e0 garder l\u2019\u00e9quilibre \u00e9conomique des leurs activit\u00e9s. Ils comptent, d\u00e9sormais sur des coups de chance, avec des possibles et syst\u00e9matiquement impr\u00e9visibles \u00ab\u00a0best sellers\u00a0\u00bb pour compenser les pertes, g\u00e9n\u00e9ralement habituelles, de la presque totalit\u00e9 de leurs catalogues. Pour boucler les budgets, ils doivent \u00e9galement recourir \u00e0 beaucoup de publicit\u00e9, \u00e0 une distribution tr\u00e8s ch\u00e8re, \u00e0 des tirages limit\u00e9s (par centaines, non par milliers\u00a0!), \u00e0 la pr\u00e9vente environnementale et \u00e0 la contribution \u00e9conomique du compte d\u2019auteur\u2026<br \/>\nComment alors s\u00e9lectionner et assurer les publications surtout de valeur\u00a0?<\/p>\n<p>La question de Carlo Bo ne peut que retentir tout le temps.<\/p>\n<p>Comme d\u2019habitude ce week-end, je lis \u00e0 la maison les articles (et les livres) recueillis fondamentalement apr\u00e8s le travail. Je viens de tomber sur un titre qui m\u2019a tout de suite frapp\u00e9. L\u2019occasion a \u00e9t\u00e9 un des nombreux festivals de litt\u00e9rature \u2013 celui de Mantoue,en Italie,\u00a0autant promotionnel pour les ventes que d\u2019autres prix et palmar\u00e8s \u2013 o\u00f9 le journaliste de service, dit litt\u00e9raire, clame sa certitude \u2013 form\u00e9e d\u2019apr\u00e8s plusieurs enqu\u00eates, para\u00eet-il \u2013 que les \u00ab\u00a0auteurs sont\u00a0impuissants face \u00e0 l\u2019atrocit\u00e9 du mal jihadiste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, cela n\u2019est nullement \u00e9tonnant. Les \u00e9crivains, dans leur tr\u00e8s grande majorit\u00e9 (presque la totalit\u00e9), sont soumis aux radiations du nihilisme, du relativisme et du la\u00efcisme. Avec m\u00eame une aggravante de taille\u00a0: leur talent\u00a0! Et, comme leur culture constitue g\u00e9n\u00e9ralement la source ou l\u2019expression de la crise id\u00e9ologique et anthropologique qui est \u00e0 la base des ph\u00e9nom\u00e8nes contemporains (y compris celui jihadiste qui a attein ces niveaux de violence brute\u00a0!), ils ne peuvent que constater ponctuellement leur impuissance intrins\u00e8que. Par ailleurs, la litt\u00e9rature et la po\u00e9sie se sont toujours d\u00e9clar\u00e9es, aussi avec <em>understatement<\/em>, plut\u00f4t \u00ab\u00a0inutiles\u00a0\u00bb. En l\u2019occurrence, par rapport \u00e0 l\u2019affreuse actualit\u00e9 terroriste, car la d\u00e9fense de la vie, de la libert\u00e9 et de la civilisation est aussi un probl\u00e8me de d\u00e9termination militaire. Il faut arr\u00eater et m\u00eame d\u00e9truire ces barbares abrutis \u00e9gorgeurs outre que violeurs et esclavagistes\u00a0!<\/p>\n<p>Les meilleurs critiques litt\u00e9raires, rarissimes comme Carlo Bo ou le newyorkais Harold Bloom \u2013 qui a m\u00eame cr\u00e9e un exigeant param\u00e8tre culturel et s\u00e9lectif, notamment le \u00ab\u00a0canon Bloom\u00a0\u00bb \u2013 sont tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res vis-\u00e0-vis de tous ces auteurs innombrables et peu conscients. All\u00e9grement, ou tristement, ils essaient de d\u00e9crire, avec le talent imaginatif dont ils disposent plus ou moins, l\u2019universalit\u00e9 de la vie contemporaine\u00a0: c\u2019est le but principal de la po\u00e9sie et de la litt\u00e9rature. Et m\u00eame des essais. Les rares critiques catholiques qui, par d\u00e9finition, ont une culture globalement salvifique fond\u00e9e sur une vision irr\u00e9ductiblement eschatologique, \u00e9mettent, de surcro\u00eet, un jugement sur les fruits de ces multitudes d\u2019auteurs, align\u00e9s dans le r\u00e9ductionnisme de type non seulement esth\u00e9tique et parcellis\u00e9 mais, justement, \u00e0 partir du sens humain g\u00e9n\u00e9ral, transcendant et complet. En effet, le pourquoi initial pos\u00e9 par notre Bo devrait \u00eatre le premier interrogatif, pr\u00e9liminaire, de chaque auteur. Apr\u00e8s y avoir m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chi, et seulement apr\u00e8s, il pourra \u2013 peut-\u00eatre \u2013 \u00e9crire sa premi\u00e8re phrase. \u00c0 la condition qu\u2019elle ne soit pas nihiliste, relativiste ou la\u00efciste, les trois malheurs de notre crise contemporaine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la condition qu\u2019elle ne soit pas nihiliste, relativiste ou la\u00efciste \u00ab\u00a0Mais pourquoi \u00e9crivent-ils\u00a0?\u00a0\u00bb\u00a0: c\u2019est la c\u00e9l\u00e8bre phrase d\u2019un \u00e9crivain (et critique litt\u00e9raire) catholique italien, Carlo Bo (1911-2001). La question est apparue tr\u00e8s pertinente avec le d\u00e9ferlement oc\u00e9anique des livres publi\u00e9s dans la deuxi\u00e8me partie du si\u00e8cle pass\u00e9. 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